En bref. Les principaux acteurs du réemploi solidaire en France ont annoncé le 29 février 2024 la création d’une union nationale destinée à structurer et défendre une « filière d’intérêt général » portée par l’économie sociale et solidaire (ESS), dans un contexte d’accélération des politiques de transition écologique.
L’initiative, officialisée à l’Assemblée nationale en présence du ministre de la Transition écologique Christophe Béchu, réunit six réseaux nationaux : Emmaüs France, ESS France, Envie, Coorace, L’Heureux Cyclage et le Réseau National des Ressourceries et Recycleries.
Cette nouvelle structure entend fédérer plus de 2.000 structures locales du réemploi, représentant environ 40.000 salariés et 20.000 bénévoles, selon ses fondateurs.
« Il s’agit d’une filière originale d’un nouveau genre, une filière d’intérêt général intégralement portée par les acteurs de l’ESS », a déclaré Jérôme Saddier lors du lancement.
L’Union affirme vouloir placer « la sobriété, la réparation et le réemploi » au cœur des pratiques économiques et sociales, avec l’objectif de faire du réemploi une norme de consommation plutôt qu’une pratique marginale.
Les organisations membres défendent notamment le développement des circuits courts, la coopération entre structures, une gouvernance partagée et un maillage territorial renforcé. Elles plaident également pour une évolution des politiques publiques afin de soutenir durablement le secteur.
Dans un communiqué, l’Union estime « urgent » de mettre en place « des politiques publiques cohérentes » permettant de garantir l’accès à des « gisements de qualité », considérés comme essentiels à la viabilité économique des structures de réemploi.
Le secteur fait face à plusieurs difficultés, parmi lesquelles le financement, l’accès au foncier ou encore la concurrence croissante d’acteurs privés de la seconde main.
Pour accompagner le développement de la filière, l’Union formule sept propositions, dont un accès au réemploi à moins de quinze minutes de chaque citoyen, une hausse des financements publics, la création d’une école nationale du réemploi solidaire et le renforcement de la réparation dans les usages quotidiens.


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