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L'histoire de Vinted racontée par ses logos

Maurane Nait Mazi
20 juillet 2026
20 juillet 2026
Temps de lecture : 6 min

Derrière la célèbre typographie turquoise de Vinted se logent près de deux décennies de mutations. En observant l'évolution de son identité visuelle depuis 2008, CM-CM.fr retrace l'histoire d'une petite plateforme lituanienne devenue le géant européen de la seconde main.

En France, son premier marché, l'empreinte de Vinted s'impose par sa prédominance : selon les données de l'éco-organisme Refashion, la plateforme capturait 28 % des volumes textiles d'occasion en 2023, sur un marché qui ne pesait alors que 7,1 % de la consommation globale. Un rouleau compresseur qui redessine les équilibres du retail et sous la pression duquel plient les acteurs historiques du réemploi solidaire.

Pourtant, avant de devenir cette licorne valorisée à 8 milliards d'euros, la firme a traversé des crises structurelles et des ajustements majeurs de son business model. Retour sur cette évolution, logos à l'appui.

Manodrabuziai (2008) : le cintre des débuts

L'histoire de Vinted débute en 2008 à Vilnius, en Lituanie. Née d'une idée simple échangée entre les cofondateurs Milda Mitkute et Justas Janauskas lors d'un déménagement - vider une garde-robe trop pleine -, la plateforme s'appelle initialement Manodrabuziai.lt (« mes vêtements » en lituanien). Janauskas développe le site en quelques jours pour aider son amie à écouler ses vêtements en ligne. Le projet a alors une dimension locale et communautaire.

Premier logo de Manodrabuziai.lt, nom d'origine de Vinted.

Son tout premier logo reflète cette approche artisanale : un cintre vert vif dont le corps forme un triangle en mouvement perpétuel, symbolisant le cycle vertueux de la circularité textile. Un choix graphique littéral : à ce stade, la marque doit encore expliquer ce qu'elle fait.

2011 : Vinted, la robe et la bulle

Fort de son succès local, le concept s'exporte dès 2009 en Allemagne sous la marque Kleiderkreisel (« cercle de vêtements »), bientôt accompagnée de son pendant dédié à la puériculture, Mamikreisel. Pour unifier son image et soutenir son ambition internationale, la structure adopte officiellement le nom de Vinted en 2011. Les déclinaisons locales subsisteront d'ailleurs longtemps : les sites allemands ne basculent définitivement sous la marque Vinted qu'en novembre 2020.

Avec l'adoption du nom Vinted, la plateforme abandonne son identité locale. Une robe dans une bulle de conversation traduit la rencontre entre mode, échanges entre particuliers et ambition internationale.

C'est à ce moment qu'apparaît une nouvelle identité visuelle marquante : le nom « Vinted » s'accompagne d'une robe stylisée en mosaïque de triangles colorés, logée à l'intérieur d'une bulle de conversation. Ce choix graphique exprime la dimension sociale, l'échange et la diversité des garde-robes partagées au-delà des frontières. En 2013, la plateforme fait son entrée en France. L’Hexagone deviendra son premier marché mondial.

2016 : la crise et le pivot de la turquoise Vinted

Malgré sa croissance, Vinted traverse une crise financière majeure au milieu des années 2010. En 2016, au bord de la faillite, l'entreprise recrute le Néerlandais Thomas Plantenga (actuel PDG). Sous son impulsion, la marque opère un pivot radical : suppression des frais de vente pour les vendeurs et transfert des coûts logistiques et assurantiels vers les acheteurs. Le modèle qui fera son succès (« vends sans frais ») est né.

Vinted simplifie son identité visuelle. La mosaïque disparaît au profit d'une bulle turquoise,
Vinted simplifie son identité visuelle. La mosaïque disparaît au profit d'une bulle turquoise.

Côté image, la marque avait déjà amorcé sa mue. Dès 2014, la mosaïque multicolore laisse place à un aplat turquoise uni, la robe passe en blanc, le mot-symbole reste noir. Le logo gagne en lisibilité, traduisant la transition d'une start-up vers une multinationale.

2019-aujourd’hui : le nom Vinted seul suffit

Leader incontesté en Europe, Vinted franchit un nouveau cap minimaliste en 2019. L'emblème historique de la robe disparaît définitivement. La plateforme fait le choix de ne conserver que son nom, à travers une typographie manuscrite turquoise. Le symbole explicite de la seconde main s'efface, signe que la notoriété de la marque est désormais si puissante que son seul nom suffit. La même année, l'entreprise devient la première licorne lituanienne.

Depuis 2019, Vinted ne conserve plus que son nom. Une identité minimaliste renforcée en 2025 avec la refonte « New Again », reflet d'une marque devenue l'un des principaux acteurs européens de la seconde main.
Depuis 2019, Vinted ne conserve plus que son nom. Une identité minimaliste renforcée en 2025 avec la refonte « New Again », reflet d'une marque devenue l'un des principaux acteurs européens de la seconde main.

En 2022, le mot manuscrit est ajusté pour maximiser la lisibilité sur les écrans mobiles. Puis, en 2025, le studio londonien Kiln signe la première refonte d'ampleur depuis la disparition de la robe, sous le nom New Again (encore nouveau) : le turquoise historique est assombri pour donner une image plus mature, et un motif de ruban vient évoquer le passage des objets d'un propriétaire à l'autre. Cette maturité graphique reflète celle des comptes : rentable depuis 2023, l'entreprise a dégagé en 2025 un chiffre d'affaires de 1,1 milliard d'euros et 62 millions d'euros de bénéfice net. Dix-sept ans après le cintre de Manodrabuziai, le logo raconte toujours la même histoire : celle d'un vêtement qui repart pour un tour.

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