Fleek, spécialisée dans le commerce de gros de vêtements de seconde main, a levé 25 millions de dollars auprès de Burda Principal Investments. L'opération porte à 45 millions de dollars les fonds levés par la startup britannique, qui développe une infrastructure B2B reposant sur l'intelligence artificielle.
Annoncée mercredi 8 juillet, cette série B est menée par l’investisseur historique de Vinted, Burda Principal Investments, avec la participation d’eBay Ventures, d'Andreessen Horowitz, HV Capital, Y Combinator, FJ Labs et H14. Sa valorisation n'a pas été rendue publique.
Fleek s'est précisément positionnée sur les back rooms de la fripe mondiale : les coulisses de la filière où les vêtements sont réceptionnés, triés, classés, négociés et revendus entre professionnels, bien avant d'arriver sur les plateformes ou dans les rayons de certaines friperies.
L'idée est née après la fermeture d'une boutique vintage de Brick Lane, à Londres. Dans un entretien accordé à Fortune, Abhi Arora raconte que son propriétaire ne pouvait plus se rendre auprès de ses fournisseurs en Asie après la pandémie et aurait perdu plus de 15 000 dollars en passant par un intermédiaire en ligne. C'est de ce constat qu'est née Fleek, fondée à Londres en 2021 par Abhi Arora et Sanket Agarwal. La société opère une place de marché B2B reliant des grossistes en vêtements d'occasion à des revendeurs professionnels. Contrairement à Vinted, Depop ou eBay, elle ne cible pas les particuliers : elle intervient en amont de la chaîne de valeur en mettant en relation des centres de tri et des grossistes, principalement situés en Inde, au Pakistan et à Dubaï, avec des friperies, enseignes, marques et revendeurs installés en Europe et aux États-Unis. L'entreprise revendique plus de 2 000 fournisseurs vérifiés et plus de 50 000 acheteurs professionnels répartis dans une centaine de pays.
Fleek Sort : une IA pour le commerce de gros de la fripe
La fripe est majoritairement inspectée et classée à la main, selon des standards qui varient d'un grossiste à l'autre. Les transactions s'effectuent hors ligne, souvent via WhatsApp, par téléphone ou lors de visites dans les entrepôts. Avec son modèle propriétaire Fleek Sort, la startup veut accélérer l’automatisation de cette étape jugée critique.
À partir d’une simple photo prise par téléphone, et bientôt via l'analyse des flux vidéo directement sur les tapis convoyeurs, l'algorithme identifie la marque et le style, détecte les défauts, puis estime le prix ainsi que la vitesse de rotation. Cette technologie est déjà utilisée dans plusieurs centres de tri en Inde, au Pakistan et à Dubaï ; des expérimentations sont en cours au Royaume-Uni, en Europe et aux États-Unis.
Selon Fortune, le plus important partenaire de Fleek traite environ 600 000 £ de vêtements par jour, soit près de 272 tonnes. À ces volumes, les fondateurs expliquent que le recours à des modèles d'intelligence artificielle développés par des tiers aurait été trop coûteux. L'entreprise affirme donc avoir conçu son propre modèle, entraîné sur quatre années de données issues de ses transactions. Elle travaille à étendre cette technologie à l'analyse vidéo, avec l'objectif de l'utiliser directement sur les tapis convoyeurs des centres de tri.
Voir aussi : Balle, entrepôt, colis mystère : les coulisses de la seconde main, nouveau spectacle des réseaux sociaux



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