Le tribunal de commerce de Nantes a placé SMALA, plateforme de vente en ligne de vêtements d'occasion pour enfants, en redressement judiciaire, le 1er juillet, a appris CMCM. Fondée en 2016, l'entreprise a progressivement diversifié son activité en développant le déstockage d'invendus, des services de seconde main pour les marques, puis sa propre collection de vêtements.
Fondée en 2016 à Nantes par Aude Viaud et Marie de Longvilliers sous le nom « Il était plusieurs fois », l'entreprise, dont la signature de marque est « Une aventure sans fin », prend en charge l'ensemble du processus de revente : collecte, contrôle, prise de vue, stockage et expédition des articles. Rebaptisée SMALA en 2022, elle indique, en juin 2024, disposer de 240 000 références de vêtements, d'un entrepôt de 3 600 m² en périphérie de Nantes capable de traiter jusqu'à 3 500 pièces par jour et d'une marge brute de 65 % pour un prix moyen de revente compris entre 8 et 10 euros, selon L'Usine Digitale.
Contrairement aux marketplaces de mise en relation entre particuliers comme Vinted, Smala immobilise du stock en rachetant les vêtements avant de les trier, de les contrôler, de les photographier, de les stocker puis de les revendre. Ce modèle lui permet de maîtriser l'ensemble de la chaîne de revente et de proposer une expérience d'achat homogène, mais implique la constitution d'un stock et l'exploitation d'une infrastructure logistique dédiée. Son approvisionnement provient principalement des particuliers, mais aussi de stocks d'invendus neufs rachetés à des marques. Ces invendus sont revendus à prix réduit sur la plateforme, en complément de son offre de vêtements d'occasion.
Une rentabilité revendiquée
En mars 2024, Smala annonçait avoir atteint son seuil de rentabilité, portée par un chiffre d'affaires de 7 millions d'euros en 2023 (+35 %) et une équipe d'une quarantaine de collaborateurs.
En avril 2025, Smala a lancé Smala Collection, sa première ligne de vêtements neufs pour enfants, développée avec Nathalie Ganne, fondatrice de la marque nantaise Lililote. Fabriquée en Inde à partir de coton biologique certifié GOTS, cette gamme de basiques était destinée à compléter les catégories les moins disponibles en seconde main. L'entreprise indiquait alors avoir déjà donné une seconde vie à 600 000 vêtements en 2024.
L'entreprise a ensuite ouvert son capital au grand public via une levée de fonds citoyenne sur la plateforme LITA. Lancée avec un objectif de 500 000 euros, l'opération s'est conclue en mai 2025 par une collecte de près de 546 200 euros auprès d'investisseurs particuliers.
Les paris de croissance
Au printemps 2026, l'entreprise a lancé son premier spot publicitaire, décliné en trois mini-séries destinées à faire connaître la marque auprès des jeunes parents. Aude Viaud présentait cette cible comme stratégique, en raison du renouvellement permanent de la clientèle à mesure que les enfants grandissent.
Parallèlement, Smala développe une activité de seconde main pour les marques. L'entreprise conçoit et exploite notamment les plateformes seconde main de Jacadi, Vertbaudet et Cyrillus. Elle prend en charge la reprise des vêtements auprès des clients, leur tri, leur contrôle, leur remise en vente et leur expédition.
Le jugement fixe la date de cessation des paiements au 15 juin 2026. Une période d'observation est ouverte jusqu'au 1er janvier 2027 afin d'évaluer les perspectives de poursuite de l'activité et d'élaborer, le cas échéant, un plan de redressement.
Contactée par CMCM, l'entreprise n'a pas donné suite à nos sollicitations.
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