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« Chiner, c’est devenu Koh-Lanta » : La Brocante Bucolique raconte les nouvelles règles du jeu de la seconde main

Maurane Nait Mazi
12 juin 2026
12 juin 2026
Temps de lecture : 3 min

Pourquoi les brocanteurs ont-ils le sentiment de trouver moins d'objets ? Une professionnelle raconte les transformations à l'œuvre dans la seconde main.


« Il n’y a plus rien en brocante ! »
Dans un billet d’humeur publié cette semaine, Sonia Tisserand, brocanteuse derrière le nom La Brocante Bucolique (28 000 abonnés sur Instagram) dresse un état des lieux sans concession d’un marché de la seconde main en mutation.

« Je me lève à pas d’heure, j’aligne les kilomètres et au bout du compte ? Trois bibelots, une saucisse et un faux bronze », écrit-elle. Pour cette commerçante, les « véritables coups de cœur » se font de plus en plus rares. « La belle marchandise se fait rare. C’est un fait. »

« Brocantes sous stéroïdes »

Plusieurs facteurs structurels expliquent, selon elle, cette tension sur l'offre. « La brocante se déplace, les objets partent en ligne avant même d'avoir vu le jour », observe-t-elle, évoquant la vente anticipée d'objets sur les plateformes numériques, avant tout passage sur les stands. Elle estime également qu'« Instagram est devenu un marché parallèle » et que les salles de ventes se sont imposées comme des « brocantes sous stéroïdes ».

Autre évolution pointée : l’intensification de la concurrence entre acheteurs. « Il y a plus de chineurs que de choses à chiner », résume-t-elle. Dans ce contexte, « chiner aujourd’hui, c’est un sport d’endurance », marqué par davantage de kilomètres, de concurrence et d’incertitude. Une évolution qu’elle compare, à une épreuve de Koh-Lanta, l’émission d’aventure de TF1.

Si elle reconnaît parler avant tout « de [son] métier, de [son] regard et d’un paysage qui change », son témoignage fait écho à plusieurs mutations observées : numérisation des transactions, professionnalisation des acteurs, montée en puissance des enchères, du live shopping et concurrence accrue pour accéder aux objets les plus recherchés. « Les vraies trouvailles sont devenues de petits miracles », conclut-elle.

Le phénomène dépasse les frontières. Une association québéquoise lançait l’alerte en fin d’année dernière sur ce qu’elle nommait « la mort du vintage ».

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