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L'ecosystème du réemploi réclame un émoji pour se démarquer du recyclage

Maurane Nait Mazi
03 avril 2024
03 avril 2024
Temps de lecture : 4 min

Le réseau associatif Vrac & Réemploi a lancé en mars une campagne baptisée #Emoji4Reuse pour réclamer la création d'un émoji dédié au réemploi, dépourvu à ce jour de symbole propre dans les claviers numériques, contrairement au recyclage et à son ruban de Möbius vert (♻️).

"Nous n'avons ni émoji ni combinaison de symboles pour l'exprimer. À défaut, c'est l'émoji du recyclage qui est systématiquement utilisé, alors que ces deux notions renvoient à des procédés et des enjeux très différents. N'avoir qu'un seul émoji à disposition, celui du recyclage, c'est maintenir une seule vision : celle d'une économie qui ne serait basée que sur le recyclage", explique Célia Rennesson, directrice et cofondatrice de Réseau Vrac & Réemploi, à l'origine de la campagne.

Le réemploi consiste à donner une seconde vie à un produit en le nettoyant, le réparant ou le révisant afin qu'il conserve son usage initial. Une pratique dotée d'une définition juridique et d'objectifs propres fixés par la loi, mais régulièrement confondue avec le recyclage, qui désigne des traitements plus lourds destinés à réintroduire certains matériaux dans la fabrication de nouveaux produits.

Le symbole proposé par l'association représente quatre flèches convergeant vers un point central, évoquant le retour d'un emballage ou d'un produit vers un point de collecte. Son design s'inspire du pictogramme utilisé depuis 2020 sur les bouteilles et pots réemployables commercialisés en France.

L'émoji 4reuse et sa signification
Emoji 4reuse

"Alors que la transition des modèles est en marche et doit s'accélérer, par bon sens et par nécessité, il est impératif d'illustrer d'autres modèles plus vertueux comme le réemploi. Représenter les choses, c'est les faire exister", estime Célia Rennesson.

Au-delà du symbole, la campagne vise à rendre le réemploi plus identifiable auprès du grand public, des industriels et des décideurs politiques, dans une réflexion plus large sur la capacité des outils numériques à refléter les transformations environnementales.

La proposition doit désormais être soumise au Consortium Unicode, chargé de valider chaque année une poignée de nouveaux émojis parmi des centaines de candidatures. Le citron vert, le champignon brun ou le phénix ont récemment rejoint le catalogue officiel.

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