La drag queen française Punani, révélée dans Drag Race France, met aux enchères 120 pièces de sa garde-robe à l’Hôtel Drouot, à Paris, avec Nautilus Enchères. Une vente de pièces chinées, en cohérence avec sa pratique de la seconde main.
« Pour ce défilé, j’ai voulu célébrer mon amour fou pour la seconde main ». Dès son apparition dans la saison 2 de Drag Race France en 2023, Punani impose une signature : des silhouettes composées à partir de vêtements chinés, récupérés, transformés ou réassemblés. Elle détourne ainsi les codes de la mode conventionnelle et inscrit le drag dans une réflexion sur les usages du vêtement.
L’artiste constitue son vestiaire personnel et de scène en brocante, en dépôt-vente ou en salle des ventes, puis compose avec ces pièces, qu’elles soient transformées ou simplement réinvesties. Cette pratique, mise en avant dans Drag Race France, s’accompagne de prises de position : « C’est dans l’essence de mon drag et ça dénonce la fast fashion », affirme-t-elle en prime.
Un drag ancré dans une seconde main engagée
Au-delà du registre esthétique, cette démarche s’inscrit dans une critique des logiques de la fast fashion (surproduction, standardisation, renouvellement accéléré), auxquelles Punani oppose un travail fondé sur la transformation et la durabilité. Elle revendique également une fonction incitative : « Mon super-pouvoir, c’est d’inciter les gens à la seconde main », déclare-t-elle.
Les 120 pièces proposées retracent ce parcours, des premières expérimentations à l’affirmation de son identité drag. L’ensemble comprend notamment des tailleurs signés Mugler, ainsi que des pièces plus singulières, dont un manteau éphéméride « pensé à Évelyne Dhéliat ».
Dans une vidéo Instagram publiée le 22 avril, l’artiste dit vouloir offrir à ces vêtements, « portés et aimés », « une seconde, troisième ou quatrième vie ». Interrogée dans le cadre de la vente, elle évoque ses débuts à chiner, notamment aux puces de Vanves et une évolution vers la confection : « Aujourd’hui, je couds de plus en plus, et j’ai envie de faire des choses qui me ressemblent davantage ».
La vente est conduite par le commissaire-priseur Balthazar Cambon pour Nautilus Enchères. L’exposition se tient jusqu’au 23 avril, avant une mise aux enchères le 24 avril à Drouot.
Catégorie : Anti fast fashion

S'abonner à CMCM ici
Lire aussi : "Pour ce défilé, j’ai voulu célébrer mon amour fou pour la seconde main" : Punani illumine Drag Race France


%20Roxane%20De%20Almeida%20(2).webp)













